Microsoft’s Law Enforcement Requests Report 2013

Il y’a de cela quelques jours, dans sa politique de transparence avec l’utilisation des données utilisateur que l’entreprise traite, Microsoft a publié son rapport semestriel pour les six premiers mois de l’année 2013, récapitulant l’ensemble des requêtes émises par les Agences d’Etat dans le cadre de procédures judiciaires en cours contre l’un ou l’autre des abonnés des services de la firme.

Microsoft_Law_Enforcement_Request_Report

De part ce rapport il advient que 5 pays, à savoir la France, les Etats-Unis d’Amérique, la Turquie, l’Allemagne et l’Angleterre, à eux seul ont émis près de 73% de l’ensemble des requêtes reçues par les services de Microsoft.

Ce qui m’intéresse particulièrement dans ce rapport ce sont les requêtes d’informations émises depuis des pays d’Afrique. Et là le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’y à pas affluence. Les seuls recensés dans le rapport sont la Tanzanie et l’Afrique du Sud, sur un ensemble de plus de 60 pays ayant émis des requêtes !

Ceci me pousse à me poser des questions sur les opérations de nos services judiciaires et de sécurité ici en Afrique. Ce faible tôt de demande d’information serait-il dû  à la non intégration de ces mécanismes dans nos procédures d’enquêtes ? Que dire de nos Agences Nationales de Sécurité Numérique qui très probablement un jour ou l’autre ont eu et auront besoin d’avoir accès à certains détails sur les activités privées en ligne d’un individu (bien entendu, muni d’un mandat judiciaire) afin d’établir, ou pas, sa complicité dans un acte malveillant ou de démanteler un réseau de (cyber)criminels ?

Les détails sur le rapport en question se trouvent par ici

Valdes T. Nzalli

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Les utilisateurs du réseau Tor en Afrique

Au détour d’un article sur la montée spectaculaire du nombre d’utilisateurs du réseau d’anonymisation Tor survenu il y’a quelques jours (lien) je me suis demandé quelles pouvaient bien êtres les tendances d’utilisation de ce réseau dans les pays d’Afrique. Fort heureusement, les gestionnaires de ce projet mettent gratuitement en ligne des outils de monitoring de l’activité sur le réseau pour que toute personnes qui le désire bien puisse s’en servir. Pour ceux qui se demandent de quoi est ce qu’il s’agit, un tour par ici ne serait pas de trop : Tor, quésako ?  Il m’a ainsi été possible de constater par exemple ces différentes statistiques d’utilisation :

– L’Algérie : direct-users-2013-01-01-off-2013-08-30-dz

– Le Cameroun : direct-users-2013-01-01-off-2013-08-30-cm

La Cote d’Ivoire :  direct-users-2013-01-01-off-2013-08-30-ci

– L’Ethiopie :  direct-users-2013-01-01-off-2013-08-30-et

– l’Egypte : direct-users-2013-01-01-off-2013-08-30-eg

– Le Gabon : direct-users-2013-01-01-off-2013-08-30-ga

– La Guinée Equatoriale : direct-users-2013-01-01-off-2013-08-30-gq

– le Nigéria : direct-users-2013-01-01-off-2013-08-30-ng

le Sénégal : direct-users-2013-01-01-off-2013-08-30-sn

– L’Afrique du Sud : direct-users-2013-01-01-off-2013-08-30-za

Vous avez certainement remarqué cette croissance brusque survenue au cours du mois de d’Août dans plusieurs pays tels que l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Egypte, le Sénégal. durant cette même période on constate une croissance certes fortes, mais de moindre amplitude comparé aux premières citées dans les pays tels que le Cameroun, la Cote d’Ivoire, le Nigéria, la Guinée Equatoriale et l’Ethiopie.

A titre indicatif, rappelons qu’il s’agit là des utilisateurs directement connectés au réseau sans passer par une passerelle (des relais non publics) Tor. Toujours sur la même page, du site des métriques, il est possible d’avoir les statistiques spécifiques des utilisateurs passant par des Tor Bridge. Pour ces derniers, au Cameroun on à la courbe suivante :

bridge-users-2013-01-01-2013-08-30-cm

Vous aussi, vous pouvez avoir les statistiques d’usages en fonction des pays et des critères qui vous intéressent, pour ce faire c’est par ici : https://metrics.torproject.org/

Sur près de la moitié des pays mentionnés, on remarque une certaine augmentation du nombre d’utilisateurs du réseau vers mi-Juin 2013, serait ce en rapport avec les révélations sur le dossier PRISM ?

Valdes T. Nzalli

#CmrBlogDay: Pourquoi….

CmrBlogDay  « Je blogue, tu blogues, il/elle blogue… » vous l’aurez remarqué, l’expression est plutôt à la mode ces dernières années. Contrairement à la tendance générale chez  beaucoup de blogueurs, plus jeune, je n’étais pas ce que je qualifierai de champion de l’écriture ; j’aimais la lecture certes, mais l’écriture, en dehors des rédactions académiques n’était pas vraiment ma tasse de thé ! Le temps passe et au fil du temps je découvre plein de choses, de techniques, de concepts, d’histoires, qui me fascinent, me font grandir et m’interpellent. C’est ainsi que naît ma passion pour le blogging, me permettant de partager tout cela avec « les Internets ».

« gars tu es fort hein, comment tu fais pour connaître tous ces sujets sur lesquels tu écris ? » , « où est ce que tu prends le temps d’écrire ? » sont des questions récurrentes que mon entourage me pose ; et comme toujours en guise de réponse je dirai simplement que je blogue non pas parce que je connais trop mais car ça me permet de fouiller un peu plus qu’à la surface de certains sujets, que ce soit l’actualité, un fait vécu que j’aimerai partager ou une situation qui nous interpelle tous. Pour le temps… c’est juste la passion qui me motive, comme plusieurs blogueurs d’ailleurs, car en général nous avons tous des emplois de temps assez chargés, mais on réussit quand même à trouver le temps, ne fusse que périodiquement, pour poser ces lignes en ligne !

Au détour d’une conversation avec un proche, d’une expérience vécu personnellement, d’un événement national ou international, vient ainsi l’idée d’un article qui me pousse à creuser un peu plus en profondeur sur le sujet et se solde généralement par un article ; ceci afin de partager avec la communauté sur le sujet, d’avoir leur différents retours dessus, ou simplement aider ceux à qui ça pourrait être utile.

Par ailleurs, bloguer pour moi est un excellent moyen de sauvegarder le fruit d’une recherche ponctuelle ; ainsi plusieurs mois après je pourrai toujours m’en servir au cas où j’en aurai oublié certains aspects. Eh oui, c’est aussi ça le partage : je partage avec moi même !

Déjà plus de deux ans qu’au travers de mon blog, au-delà d’écrire je m’écris.

Alors chers amis, libérez-vous de vos problèmes de considérations, complexes, angoissent et laissez-vous aller à l’appel du blogging car je sais que vous aussi avez tellement de choses utiles et intéressantes à nous faire découvrir. Bonne Journée Mondiale du Blogging à tous !

Valdes T. Nzalli

A précédé cet article, celui ci : http://ismiblog.wordpress.com/2013/08/31/blogueur-ou-marketer-tout-reside-dans-la-strategie/

La suite par ici http://psychorganisons.com/2013/08/30/pourquoi-je-blogue/

Free Offensive Security Course

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Dans le cadre de notre programme de vulgarisation des supports de formation dans le but de renforcer les compétences techniques du maximum de personnes sur la scène locale, nous vous proposons ce programme de formation issu de l’Université d’Etat de Floride, aux Etats Unis. Ce programme a été mis sur pied par deux éminents enseignants à savoir le Professeur Xiuwen Liu et le Professeur W. Owen Redwood. Cette formation a été dispensée au cours du printemps derniers et ses initiateurs ont promis de la mettre continuellement à jour pour une autre session dans la même Université l’année prochaine.

La formation, intitulée « Offensive Security » est disponible en langue anglaise et s’étend sur une période officielle de 15 semaines en moyenne, mais bien sûr, en fonction de vos aptitudes et affinités, rien ne vous empêche de suivre le programme complet en plus ou moins de temps que celui prévu.

Les motivations ayant poussé à la conception de ce cours, telles que données par ses auteurs sont :
“The vision of this class is to fill the common gaps left by most University level security courses, by giving students a deep technical perspective of how things are attacked and hacked. The motivation of teaching such subject material was twofold: primarily to produce skilled students geared to become penetration testers and/or incident responders; and secondarily to hopefully raise the bar for security courses (as there is a real dearth of skilled security professionals coming out of college)”

Ce qui répond grandement à notre besoin car plusieurs ici au Cameroun (et dans d’autres pays) ont eu à faire des cours à l’Université, généralement très concentrés sur les aspects théoriques de la cyber sécurité, ce qui est bien des fois insuffisant pour une insertion professionnelle réussie. Ce programme a donc en partie, pour objectif de combler ce vide et permettre de produire des Professionnels de la Cybersécurite capables de comprendre et d’appliquer les techniques de haut niveau pour résoudre des problèmes techniques potentiellement complexes.

Les supports de cours sont fournis sous forme de présentation téléchargeable au format de votre choix (PDF, PPTX, ODT,…). En plus pour chaque module de cours est disponible une vidéo d’une dure d’environ 1 heure de temps retraçant en « live » la présentation. A la fin de certains modules des exercices sont fournis afin d’évaluer les apprenants. Pour les étudiants de la dites institution, un projet de fin de cours est même disponible. Le programme détaillé de la formation est accessible par ici : Offensive Security Class Syllabus.

Course Objectives :
Upon successful completion of this course of study, the student will:

  •  Know how to identify software flaws discovered through binary and source code auditing
  • Know how to reverse engineer x86 binaries
  • Know how to exploit software flaws (such as injection flaws, buffer overflows)
  • Know how to perform network and host enumeration, as well as OS and service fingerprinting
  • Know how to perform network vulnerability analysis, penetration and post exploitation
  • Know how to effectively report and communicate all of the above flaws”

Tous les supports de formation ainsi que les exercices et les informations complémentaires sont disponibles sur le site de ses concepteurs à cette adresse : Offensive Security Class Website. Notons par ailleurs qu’il vous est possible de télécharger directement le fichier torrent contenant uniquement l’ensemble de toutes les vidéos de la formation (sans les diaporamas et les exercices)

Note : Les supports de cours étant essentiellement en anglais il est nécessaire d’avoir un certain niveau de compréhension de la langue pour pouvoir les suivre. Par ailleurs, nous vous conseillons de travailler avec ces supports en formant des groupes (amis, collègues, club Info/Sec) afin de vous motiver d’avantage et de vous entraider lors de l’apprentissage.

Valdes T. Nzalli

PRISM : Au delà du Scandale !

Dans mon dernier billet je vous parlais du « scandale » actuel occasionné par la publication de documents classés « top secret » de la NSA par un ancien employé de son sous traitant Booz Allen Hamilton dénommé Edouard Snowden. Actuellement toujours dans sa quête d’un asile politique et du moyens de jouir de l’asile qui lui est proposé en Amérique Latine, son sort reste pour le moins incertain. [1]

Loin du débat autour des raisons et frontières de l’espionnage électronique (qui n’est qu’un pan du phénomène), loin de la polémique autour de la méthode utilisée par Snowden pour divulguer l’information, loin des récupérations politiques et du tapage médiatique occasionnés par ce dossier, quelques détails semblent tout de même assez instructifs et révélateurs : le « comment » de l’exfiltration de ces données normalement gardées sous haute surveillance (électronique et physique) !

Dans le principe général de sécurité périmétrique on a plus tendance à traiter tout ce qui est hors du réseau comme élément (potentiellement) « hostile » tandis que ceux à l’intérieur jouissent facilement de plus de privilèges et d’une certaine relation confiance. Mais voilà que faire lorsque le mal se trouve plutôt à l’intérieur ?! Ce phénomène est représenté par l’appellation, en anglais,  « Insider Threat » !

Le scandale occasionné par les révélations sur l’affaire PRISM est un cas pratique d’Insider Threat. Les mesures de sécurité de nos entreprises prennent-elles suffisamment en compte la protection contre les menaces (fraude, malversation, déstabilisation,…) internes ?! Quels sont les mécanismes qui sont mis en œuvre pour prévenir, détecter et limiter leur impact ?!

Dans le même ordre d’idée la gestion des utilisateurs avec privilèges élevés pose aussi problème ; Comment s’assurer qu’un utilisateur, avec ses droits d’accès élevés, à l’exemple des Administrateurs systèmes et réseaux, n’est pas entrain d’en profiter pour bypasser certaines mesures de sécurité et mettre la main sur des données hautement sensibles tant pour l’entreprise que pour ses partenaires et même de l’Etat, comme ce fut le cas ? Et que dire de tous ces Patrons, chefs d’entreprises et autres Managers (pas toujours réputés pour savoir protéger les identifiants) qui ont généralement (du moins dans la plupart des PME) un accès total à TOUT dans l’entreprise que ce soit technique, financier ou managérial, au cas où leur credentials seraient compromis (et rassurez vous, ça arrive bien des fois ) à l’exemple de Snowden qui a cloné les accès d’une personne hiérarchiquement mieux placée pour avoir accès à ces informations, que faire face à ce type de situation ?! [2]

C’est dans ce genre de scénario qu’interviennent les solutions de gestion d’identité et d’accès (IAM = Identity and Access Management). Grosso-modo, elles permettent de gérer qui a droit à quoi ainsi que les limites d’usage de ce droit. Ce serait bien naïf de penser qu’une boite du calibre de la NSA ne possède pas de solution d’IAM. Toutefois, leur Système Informatique bien qu’étant bien outillé, hautement sécurisé et tout a quand même permis à un individu d’accéder, à plusieurs reprises, sans attirer l’attention de personne, à certains dossiers très sensibles, sous la cape d’une autre personne (ID Theft. Il a certes utilisé les accès d’un utilisateur avec privilège mais n’empêche que l’accès à toute donnée plus ou moins sensible dans un Système d’Information qui se respecte doit TOUJOURS être journalisé et les logs sauvegardés de façon non altérable. [3]

C’est assez curieux qu’une agence dont l’une des missions principales est de TOUT collecter sur TOUT pour ensuite analyser n’ait pas appliqué la même formule pour ses affaires internes, pas assez en tout cas. Il y’a quelque temps le Général Keith Alexander, patron de la NSA, à l’issu de ce scandale à annoncé qu’ils allaient mettre sur pieds un nouveau procédé nécessitant la combinaison de deux personnes (au lieu d’un seul comme c’est le cas actuellement) afin d’avoir accès à des données critiques. Comme l’ont relevé plusieurs Experts du domaine, c’est peux être bien (mieux que rien en tout cas) dans un début mais que faire en cas de complicité des deux ou de menaces (chantage et autres) du second membre du binôme ? D’où la nécessité de trouver une solution pérenne pour ce genre de problématique.

A mon avis, quelque soit la solution, elle devra prendre en compte le fait de déjà limiter le nombre d’intervenants potentiels car moins il y’a de personnes pouvant avoir accès plus le risque de fuite est réduit. A notre tour, dans nos entreprises quelles sont les personnes pouvant avoir accès aux informations sensibles ?! De quel type de privilège d’accès jouissent ces personnes ?! Pouvons nous avec exactitude savoir qui à eu accès à quoi ? quand ? depuis où ? et quel type d’accès (copy, ecriture, modification, suppression, …) est ce que la personne à eu ? Quid des dispositifs de DLP (Data Leak Prevention) ? Avons nous des moyens de monitorer toute l’activité de nos utilisateur (ou du moins celle en relation avec les données sensibles) ? Pareil pour les logs de nos applications, sont-ils eux aussi archivés et analysés ?

Quelques piste qui réduiront considérablement les risques de fuite de données interne :

  • Identifier les données sensibles ainsi que leur(s) emplacement(s)
  • Elaborer les process : c’est à dire définir qui à droit à quoi, quand et depuis quel Poste / Segment du réseau / Type de connexion / Adresse / ..
  • Implémenter une solution d’Identity and Access Management permettant d’appliquer les workflows de l’entreprise (tel que défini dans le précédent point) et une gestion plus flexibles des droits et accès.
  • Journaliser, Monitorer et Analyser (Applicatifs, Systèmes, Réseaux,…): cette étape est doublement utile, premièrement dans la détection d’un incident éventuel, et deuxièmement en cas d’enquête ou de reconstitution des faits. [4]

Nul besoin de préciser ici qu’avoir un personnel compétent et régulièrement recyclé est de rigueur. Soyons clair, ceci ne nous mettra pas à 100 % à l’abri des risques de fuite de données, mais nous épargnera d’un quantité considérable de risques potentiels ; car rappelons-le une fois de plus, la Sécurité des Systèmes d’Informations, loin d’être un produit en soi, est avant tout une démarche marquée par plusieurs jalons.

Valdes T. Nzalli

Liens utiles :

[1] Je m’appelle Edouard Snowden, j’ai voulu un monde juste !
[2] Insider Threat Sheet (PDF)
[3] Network Security Fundamentals: Monitor Everything
[4] Six tips for building a successful SIEM strategy

Souveraineté Numérique et Raison d’Etat

Vous l’aurez sans doute remarqué, le buzz depuis les semaines passées est aux récentes révélations d’actes d’espionnage et de surveillance massive orchestrés par la NSA (National Security Agency) des USA, mis au grand jour par un ancien employé de la CIA travaillant chez un sous-traitant de la NSA à Hawaï par le truchement des quotidiens britanique « The Guardian » et Américain « Whashington Post ». Ce programme baptisé « PRISM » aurait vu le jour depuis 2007 et il en ressort que les Etats Unis ne seraient pas les seuls bénéficiaires des informations collectées. Une compilation succincte d’informations au sujet du programme PRISM est disponible sur le site de Qualys [1].

soldantSuite à tout ceci la première question qui vient à l’esprit c’est de savoir si un programme comme   PRISM (car il y’en a probablement d’autres pas nécessairement connus du grand public) est-il légal ? Après les sorties du président Barack Obama et du Directeur de la NSA, il advient que jusqu’à présent ce programme est connu et approuvé par la loi… aux USA ! Du coup on se demande, Qu’en est-il du reste du monde qui n’est pas Américain/ne vivant pas aux USA et dont les informations transitent et sont traitées par les plateformes incriminées (Facebook, Microsoft, Skype, Google, Apple, …) ?

De par l’évolution des TIC, on retient que la surveillance et l’espionnage des communications est un fait avéré et répandu (à tort ou à raison) et il y’aura toujours des moyens/procédés/solutions de plus en plus subtiles pour permettre aux gouvernements de le faire. Personnellement, tout ce buzz me semble un peu surfait, mais bon, le grand public découvre que l’eau chaude chauffe ! Par contre l’une des choses qui m’a le plus marqué c’est que suite à cette déclaration selon laquelle l’administration Obama via ses services secrets n’espionnent QUE les étrangers, l’enthousiasme de plusieurs agitateurs/agités a chuté ! Comme quoi l’espionnage n’est mauvais que si et seulement si il inclue comme cible les citoyens Américains.

Il est important de noter que très peu de Gouvernements/Organisations ce sont sentis concernés par cette nouvelle, bien que quelques uns ont tout de même réagit à l’exemple de la Norvège qui, par son Secrétaire d’Etat, a tout de suite réclamé aux Officiels Américains de plus amples informations afin de savoir comment ses citoyens sont affectés par ce programme. Quelques temps après c’était au tour de l’Union Européenne, via sa Commissaire Chargée de la Justice, de monter au créneau concernant cette affaire en exigeant que la vie privée des citoyens européens soit aussi préservée comme celles des Américains au cours de ce programme[2]. Coté Africain, aucun Etat, ni l’Union Africaine ne s’est senti particulièrement concerné ! Nothing… nada… rien… jusqu’à présent vu le silence qui règne ; Faut bien croire que ça ne nous gêne pas vraiment. Et puis, c’est pas trop comme si ça date d’aujourd’hui que nos gouvernements Africains n’osent demander des comptes aux « grandes puissances » ! d’ailleurs que rien n’exclue qu’ils ne soient au courant de la chose depuis longtemps  ou qu’ils n’aient leur part de programmes similaires déjà opérationnels (après tout, ne dit-on pas « tout le monde espionne et surveille » ! Dire que ces dernières semaines nous avons eu et aurons droit à plusieurs événements d’envergure ici en Afrique portant sur Internet, son rôle dans notre développement et sa gouvernance ; J’ose croire qu’au cours de toutes ces rencontres le sujet ait été à l’ordre du jour d’un quelconque atelier !

Je vois ici une affirmation (abus?) d’une position dominante, vu que tous les opérateurs cités sont essentiellement des firmes Américaines dont plusieurs autres entreprises et individus de part le monde en dépendent. Qui pourra y faire quoi ?! Personne ! Vous comptez les boycotter ?! J’en doute en tout cas pas de ci tôt avec toutes les données qu’ils possèdent déjà et la dépendance (vitale?) par laquelle ils vous tiennent. Et si bien même quelques uns les boycottaient, le gros de leurs clientèle sera toujours intact. Quelqu’un d’autre aurait dit qu’il s’agit d’un cercle vicieux !

Tout ceci a mon avis relance en partie le débat sur la Souveraineté Numérique des Nations/Organisations régionales. Allant de la fabrication des matériels de nos Infrastructures à la production de solution logicielles pérennes sur notre sol en passant par la formation, l’encadrement et la mise en service du personnel qualifié. En Europe, ils en sont déjà déjà par exemple à affiner leur Stratégie Globale sur le Cloud [3] ainsi que leur projet de Loi sur la vie Privée devant s’appliquer dans leur espace géographique ainsi qu’à tous leurs ressortissants. Entre temps ici en Afrique qu’avons nous ?! Bah rien pour l’instant ! Une pensée générale dit : « Celui qui a l’Information a le Pouvoir » ! je trouve qu’elle cadre bien avec cette situation qui nous sied.

Nul besoin de mentionner les retours positifs que cela pourrait avoir sur l’ensemble du continent passant de la réduction du taux de chômage des jeunes à la création de la richesse via la commercialisation de nos solutions locales, l’impact sur le développement global et bien d’autres ; bref on y gagnerait sur toute la ligne.

Bien sûr, être le moins numériquement dépendant ne nous mettra pas entièrement à l’abri des grandes oreilles des Agences de Renseignement occidentales (et Asiatique), mais ce sera déjà un pas en avant car rappelons le, la protection de l’information n’est pas un produit en soit, mais tout un processus marqué par plusieurs jalons.

Note : Dans ce billet je ne me préoccupe pas de savoir comment la NSA procède pour obtenir les données de ses « fournisseurs ». De plus il n’est pas question ici du bien fondé d’une surveillance de l’Internet et encore moins de savoir si nos propres Etats ne possèdent pas de mécanismes similaires.

Liens Utiles :

[1] Que sait-on exactement sur PRISM ?
[2] Espionnage : Bruxelles tance Washington
[3] New strategy to drive European business and government productivity via cloud computing
[4] Souveraineté Numérique : Cas de l’Afrique
[
5] Comprendre le programme « Prism »

Réseaux Sociaux et Sécurité avec les étudiants de la FGI, Douala

Dans le cadre de ses activités de sensibilisation du public sur l’usage de manière sécurisée des Technologies de l’information et de la Communication, il s’est tenu le 10 Mai dernier dans l’enceinte de la Faculté de Génie Industriel (FGI) raccordée à l’Université de Douala un atelier de 2 heures et demi sur le thème « Réseaux Sociaux et Sécurité ». Cet atelier est le fruit d’un concours d’efforts volontaires ayant vu la participation du Club Informatique de la FGI dans la planification et la coordination ainsi que l’Administration de l’Université de Douala pour avoir permis que cette rencontre ait lieu dans son enceinte.

Vous trouverez ci-dessous la présentation passée ce jour. Lors de l’atelier, une question posée était de savoir comment protéger sa boite mail, comment savoir si quelqu’un d’autre a eu accès à sa boite et que faire en cas de piratage de son compte, le lien suivant est un précédent billet assez détaillé sur le sujet : Et si on parlait de nos boites mails?

Il est à noter que ce genre de rencontres vont s’étendre dans les établissements scolaires avec le temps et nous appelons ainsi les différents Clubs Informatique/Sécurité des dits établissements à bien vouloir rentrer en contact avec nous pour planification, ceci par mail (contact@camcybersec.cm) ou tout simplement en utilisant le formulaire de contact présent sur le site de l’Association : http://www.camcybersec.cm/contact/

La presentation est disponible en téléchargement direct par ici :  CamCyberSec_FGI_reseaux_sociaux_et_securite_version_1.1

et directement consultable en ligne par ici sur mon espace Slideshare.

Valdes T. Nzalli